Aperçu du marché mai 2026

13.05. 2026 mooh
Aperçu du marché mai


Livraisons stables malgré un pic de lait très modéré
Comme prévu, le pic de production laitière est resté relativement modéré cette année, mais il s’est prolongé sur près de trois semaines. Cela a une nouvelle fois fortement sollicité l’ensemble de la branche et les capacités ont atteint leurs limites, ce qui était plutôt inattendu après des fêtes de Pâques qui s’étaient pourtant bien déroulées. Dans les prochains jours, nous attendons déjà les premières montées à l’alpage. Pour la suite, l’évolution des volumes de lait dépendra en grande partie des conditions météorologiques. Après des conditions à nouveau optimales pour la première coupe, la sécheresse a ensuite été marquée dans de nombreuses régions, ce qui a freiné la repousse en plaine pour la deuxième coupe. Il reste donc encore difficile d’évaluer comment les livraisons évolueront durant l’été. Une chose est toutefois certaine : il ne sera pas seulement essentiel de maîtriser les volumes collectés, une reprise du marché sera également nécessaire afin de rétablir progressivement l’équilibre tant attendu sur le marché laitier. Car actuellement, la demande reste sous pression : les exportations de fromage sont en recul, tandis que la demande pour la crème et le beurre demeure très prudente. À cela s’ajoute un contexte moins favorable pour les exportations de matières grasses en raison de la baisse des cours internationaux.

Cotations internationales : protéine en hausse, matière grasse en baisse
Les tendances internationales des prix continuent d’évoluer de manière contrastée. Alors que les prix de la poudre de lait écrémé poursuivent leur hausse, la tendance à la baisse des prix du beurre se confirme en Europe et sur le marché mondial. Début mai, l’indice Global Dairy Trade a progressé de 1,5 % après deux fortes corrections à la baisse en avril, soutenu par la hausse des prix de la poudre de lait, tandis que les prix du beurre ont continué de reculer. La valeur de la matière première de Kiel n’a augmenté que légèrement de mars à avril, atteignant 38 cts et restant ainsi sous le seuil des 40 cts. Cette évolution est également confirmée par les prix à la production, comme le montre le LTO, qui a reculé de 1,02 cts entre février et mars pour s’établir à 40,48 cts.

Bio sans ensilage – la situation reste tendue
La situation des ventes de notre lait bio sans ensilage destiné au secteur fromager reste très faible. Nous avons donc adapté nos prévisions et partons actuellement du principe qu’aucun supplément ne pourra être versé jusqu’à la fin de l’année. Les modestes recettes supplémentaires couvrent à peine les coûts de transport additionnels. Alors que le lait bio reste demandé, notamment pour les produits frais, les débouchés dans le domaine du lait de fromagerie demeurent difficiles. Les perspectives restent ainsi incertaines et aucun signe clair d’une reprise durable du marché ne se dessine actuellement. Même si toutes les discussions avec nos acheteurs ne sont pas encore finalisées, la question stratégique se pose de plus en plus de savoir si, et sous quelle forme, la collecte sans ensilage doit être maintenue à l’avenir.

Perspectives estivales toujours incertaines
Jusqu’à présent, nous estimions que la situation excédentaire se normaliserait au plus tard dès l’été, mais avec les incertitudes à l‘international et le retard pris dans l’assainissement du marché en raison de la prolongation des délais pour les exportations de beurre, le rééquilibrage du marché devrait prendre plus de temps que prévu. Les signes d’une reprise de la demande en lait chez nos clients ne se concrétisent toujours pas. À cela s’ajoute une forte incertitude dans le secteur du fromage. Outre la situation monétaire défavorable qui perdure depuis un certain temps, le marché subit désormais une pression croissante liée aux fromages produits au printemps à partir de lait bon marché, qui affluent sur le marché. Tant que ces stocks ne seront pas écoulés, il sera difficile d’espérer un allègement de la situation. Ces éléments nous contraignent à revoir légèrement à la baisse les prix prévisionnels du lait d‘ensilage PER. La situation est encore plus marquée pour le lait PER sans ensilage. Après les corrections introduites dès le mois de mai, le prix de base des prochains mois doit également être nettement réduit. D’une part, les indicateurs des premiers mois de l’année montrent que des volumes plus importants que prévu ont été déclassés dans le canal industriel durant le printemps. D’autre part, nous n’anticipons qu’une demande limitée en lait de fromagerie durant l’été. En parallèle à cette baisse des prix, nous devrons réévaluer la situation du lait sans ensilage et, si nécessaire, adapter les volumes qui ne disposent pas de débouchés stables et suffisamment rémunérateurs dans le secteur fromager à moyen terme.